Alors que des pèlerins commencent à se rendre sur les Lieux saints de Palestine dès le IIe siècle après J.-C. (on a gardé la trace, par exemple, de Méliton de Sardes qui se rendit en Palestine vers 160 et dont le voyage avait pour but spécifique la recherche sur le canon des Écritures saintes.), le pèlerinage romain ne se fixera que tardivement, notamment à partir du moment où cessent les persécutions contre les chrétiens dans l’Empire romain (édit de Milan par l’empereur Constantin en 313). |
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Après la disparition du monde judaïque de l’Église primitive, il ne reste que deux mondes prestigieux, mais sans aucune mesure : celui de Constantinople, la capitale choisie par les empereurs chrétiens et Rome qui essaie d’assurer son indépendance et son autonomie. Les croisés, quand ils prendront Constantinople en 1204, seront bouleversés par les cultes et la richesse des églises. À Rome, en revanche, il n’existe que des lieux saints assez humbles et quelques cénacles de traducteurs et de copistes. Le pouvoir pontifical romain est dans les limbes. Et du point de vue byzantin, ce pouvoir, même spirituel, est ignoré, négligé et presque inconnu. Les conciles convoqués pour traiter des grands problèmes de théologie se tiennent dans l’Église orientale et en langue grecque. Les évêques occidentaux y font pâle figure bien que certains soient des saints ou de grands confesseurs, car ils sont peu rompus à l’exercice de la langue et de la philosophie grecques. |
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Les pèlerins qui se rendent en Terre sainte dès le IVe siècle et qui relatent les difficultés de ce périple vont choisir comme terme du voyage de retour Rome, la capitale désormais reconnue du christianisme. Si le plan politique confirme le pouvoir et le rôle militaires des souverains de Byzance, Rome, bien que peu considérée et même méprisée en tant que province de cet empire byzantin, gagne en suprématie spirituelle et s’invente, peu à peu, un magistère fondé sur la promesse du Christ. |
| d’après Guide des pèlerinages européens – Régis Hanrion |